Une suite induit un commencement sans fin annoncée. C’est un peu l’histoire d’une image. Le temps y est arrêté, mais c’est bien de mouvement dont il s’agit : le mouvement du temps. L’image contient à la fois son présent imprégné du passé, et se projette dans un avenir parfois suggéré. La tension entre les trois permet à l’image de vivre par elle-même, et de ne pas être statique.
Une suite d’images que je compose, comme une histoire, comme un fil que je tisse. Un portrait, un paysage, ou un détail se répondent et racontent l’univers que je photographie.
C’est un parti pris d’associations d’idées, de formes, de perceptions qui correspondent à mon regard personnel. Je vois ces juxtapositions subjectives d’images comme un ensemble, révélant la complexité chez l’homme.
Plus que des associations d’idées, ce sont des rapprochements graphiques et symboliques. Les images se racontent et recomposent une histoire laissée libre au regard de chacun. Le montage tel qu’il est présenté est un exercice graphique qui donne un rythme à l’ensemble, et inscrit l’assemblage entre photographies noir et blanc et couleurs dans une continuité visuelle.
Fantômes d’Anatolie explore l’effacement de l’Histoire et son indéfectible volonté de se faire entendre et reconnaître, malgré les actes, les paroles, et le déni.
Il y a un an, ma grand-mère m’annonçait qu’elle vendait sa maison. Une page de l’histoire allait être tournée.
Sveta nous interpelle du haut de son balcon, « Mes chéris, laissez-moi vous offrir un café, venez ! ». Notre allure d’étrangers attise sa curiosité, car après 5mn d’un refus hésitant de notre part, nous voilà attablés chez elle, et le café se transforme en véritable repas.
Des photos de tout et de rien, une lumière, une ambiance, un sourire ; le mystère qui passe et que l’on attrape, par le plus beau des hasards.